
Le Canal de la Sauldre
Les informations ci-dessous sont extraites d'une ancienne revue " Le Canal de la Sauldre .... sans queue ni tête ....." conçue par Catherine Groseiller et dont les documents sont issus des archives départementales du Cher et Bernard Heudes.
Le canal de la Sauldre compte 22 écluses : ( photos sur Loisirs45 )
- Ecluse du Remblai - Ecluse des Bois
- Ecluse du Launay - Ecluse des Collins
- Maison cantonnière La Cantine - Ecluse du Coudray
- Ecluse des Fougères - Ecluse des Bouffards
- Ecluse du puits - Ecluse du Cul d'Enfer
- Ecluse de la Grande Planche - Ecluse des Bas-Jarriers
- Ecluse du Lauroy - Ecluse de Montfranc
- Ecluse de Chanteloup - Ecluse de Tracy
- Ecluse du Vieux Péroué - Ecluse de Pinas
- Ecluse des Buissons - Ecluse de la Vossonnerie
- Ecluse des Gimonets - Ecluse de Beauval
Les précurseurs du Canal sont Léonard de Vinci, d'Autroche et Lavoisier. C'est en 1848 que les travaux débutèrent, mais pas sans mal !
L'étude du Canal était complète, depuis les premiers dessins de Léonard de Vinci sous François 1er, jusqu'aux travaux faits par les ateliers nationaux de 1848; malheureusement ces travaux avaient été mal étudiés, mal dirigés et il fallait tout recommencer. Louis-Napoléon voulait qu'ils fussent repris rapidement (et en effet ils le furent l'année même), car la chaux était le correctif indispensable à l'acidité des terres de Sologne et son meilleur élément de fertilisation. En passant aux Jarriers, il vit les terrassements de l'ancien canal qui se dirigeait vers Nouan et devait ensuite rejoindre le Cher. Le tracé était trop long : Louis-Napoléon insista pour que le canal aboutit à Lamotte, où on pourrait le relier à la voie ferrée.
Le prince avait un autre projet intéressant : c'était une ligne de chemin de fer de Gien à Romorantin. Malheureusement, les Conseils généraux, qui n'avaient pas encore la foi dans les transports ferroviaires, y mirent obstacle, et le projet n'aboutit pas. Quoi qu'il en soit, la construction du Canal avança rapidement et celui-ci devint l'élément principal de la prospérité de notre pays sous le Second Empire.
Le cortège rentre à Lamotte-Beuvron où la population non prévenue le matin, lui fit une belle ovation pendant les vingt minutes prévues pour le changement de chevaux. Le Président, qui s'était rendu compte de l'infortune du pays, désirait plus que jamais s'y intéresser et y trouver un domaine, il en parla à M. de Persigny, son ministre de l' Agriculture et conseiller le plus habituel. Ce dernier répondit que le château serait sans doute à vendre; Napoléon ne l'oublia pas.
Quelques jours plus tard, le 19 Mai, le prince-Président achetait le château de la Grillaire à Vouzon. Le 3 juillet, ce sera le tour du château de Lamotte-Beuvron. Le 2 décembre, le Prince-Président devenait l' Empereur Napoléon III. Aussitôt, il remettait à l' Etat ces deux terres dont il n'avait payé qu'une faible partie. Immédiatement, le Gouvernement les faisait entrer dans la dotation de la couronne. C'était là une opération fructueuse pour l 'Empereur.
Mais en 1870, ces biens faisant partie des biens de la couronne passeront à l'administration des Sequestres et la famille Impériale ne pourra plus les réclamer.
Les fermes impériales : ces propriétés sont destinées à l'agriculture, mais seront-elles transformées, comme beaucoup l'espèrent, en fermes modèles ? Si ,comme il le semble, ce fut le désir de l'Administration Centrale, il ne put être réalisé car, dès le début, on se heurta à une grave crise de personnel. La réputation de la Sologne était alors si mauvaise que tout fonctionnaire qui y était nommé se considérait, sinon comme à Cayenne ainsi que le prétend Félix Pyat, du moins comme en disgrâce. Rapidement, les postes de Lamotte-Beuvron, la Grillaire et de Mizabran seront considérés comme les moins intéressants par les ingénieurs agricoles des services de la Maison de l' Empereur.
Avec de tels agents, il est évidemment à peu près impossible d'établir des fermes modèles. L' Administration s'en rendit compte et en 1866, on parla de transformer le domaine de la Grillaire en colonie pénitentiaire agricole. Ce projet n'étant pas réalisé, le Gouvernement impérial en 1869 dut se résigner à louer pour 15 ans la terre de la Grillaire à un simple particulier nommé Bardet. L'échec était donc reconnu à peu près officiellement.
L'esentiel du parcours du canal sera réalisé entre 1852 et 1860, entre Blancafort et le Coudray soit 29 km. Une courte distance donc en 8 ans, due à la faible mécanisation; Le réservoir de l' Etang du Puits est achevé en 1862. L'épuisement des marnières de Launay entraine une prolongation du canal en amont pour atteindre de nouvelles marnières " Les Sablonnières " (1882-1885).
En décembre 1926, le canal est désaffecté. Par un décret-loi du 1er mai 1927, il est décidé de supprimer tout crédit d'entretien. Cependant, jusqu'en 1941, un petit trafic persista bois,cailloux, marne ....)
De trop faible importance, relié à aucune voie sérieuse, le canal n'a pas supporté la concurrence de plus en plus rude du chemin de fer. Et puis, à partir de 1914, les coûts du transport et de la main-d'oeuvre ont augmenté considérablement : la marne se vendait 4 fois plus cher qu' avant guerre. La chaux a remplacé peu à peu la richesse blancafortaise car elle améliorait la qualité des terres, se transportait plus facilement que la marne qui nécessitait des volumes plus importants pour être efficace.
LE DECLIN, CE N'EST PEUT ETRE PAS CELUI DU CANAL MAIS DE CE QU' IL PERMETTAIT DE TRANSPORTER .
PROFESSION : BATELIER
Le travail du batelier relève de la besogne épuisante. La péniche chargée par les carriers, les deux bateliers doivent jusqu' à 1895-1900 environ, la tirer chacun par une corde, en marchant au long du chemin de halage de part et d'autre du canal. Il leur faut 6 jours pour effectuer un aller-retour Blancafort - Lamotte-Beuvron : soit un parcours moyen de 15 km par jour. A partir de 1900 le mode de traction se transforme : les hommes sont remplacés par des ânes, mais ce sont les bateliers qui doivent les acheter, ce qui représente environ 15 jours de travail. Il s'agit le plus souvent, de vieilles bêtes qui ont servi sur le Canal de Briare et qu'on achète à la Foire. Ainsi grâce aux ânes, les bateliers effectuent le même trajet en 4 jours et voient leurs conditions de travail s'améliorer très sensiblement. La rémunération des bateliers n'apparaît guère alléchante, point de salaire fixe; la compagnie des marnes leur accorde généreusement 1 F à 1,20 F par mètre cube de marne transporté entre Blancafort et Lamotte-Beuvron, soit un revenu mensuel variant entre 70 et 100 francs.
Les bateliers commencent leur journée de travail au lever du soleil, transportent leur cargaison de marne chargée à Blancafort; à chaque écluse ils donnent un coup de trompe ou font claquer sèchement leur fouet afin de prévenir l'éclusière. L' écluse franchie, le "Berrichon" tracté par son âne poursuit lentement la navigation jusqu'à la suivante ou à une gare. Là les bateliers doivent décharger la marne, ce qui représente environ 10 à 11 heures de travail. Il reste alors à retourner vers Blancafort pour prendre une nouvelle cargaison. Les bateliers comme les carriers ne sont pas employés toute l'année; l'hiver le gel empêche l'extraction et le transport de marne durant quelques semaines : nos hommes vont alors couper du bois de chauffage.
L'été, les paysans cessent de marner en raison des grands travaux agricoles. Bateliers et carriers s'engagent alors comme journaliers ou ouvriers pour la fenaison et la moisson. C'est ainsi qu'ils se séparent de leur âne et à la Foire du 28 mai à Aubigny, le vendent moitié prix de ce qu'ils l'avaient acheté.